
Arlo Sinclair
J’ai découvert le travail d’Arlo Sinclair sur les réseaux sociaux. Son univers m’a immédiatement parlé, parce qu’il réunit plusieurs choses auxquelles je suis très sensible : les objets technologiques des années 1970, 1980 et 1990, la culture geek, le cinéma, la musique, les jeux vidéo, mais aussi un humour souvent très noir qui donne une seconde lecture à chacune de ses œuvres.
Avant même de lui proposer une collaboration, j’ai acheté l’une de ses pièces pour ma collection personnelle. Lorsque je l’ai reçue, j’ai été encore plus impressionné que sur les images. La qualité de fabrication, le réalisme de la peinture et le soin apporté au moindre détail étaient remarquables. On avait presque l’impression de se retrouver face à un véritable objet ancien, agrandi à une échelle totalement inattendue.
J’ai tellement aimé cette première œuvre que je l’ai contacté pour lui proposer de présenter son travail à la Galerie Montorgueil. Il m’a envoyé quelques premières pièces, qui se sont vendues immédiatement. Les visiteurs étaient attirés par ces objets familiers, souvent liés à leur enfance ou à leur adolescence, puis ils découvraient les jeux de mots, les détournements et tous les détails cachés dans les œuvres.
Arlo Sinclair travaille notamment autour des disquettes, des cassettes audio et d’autres objets devenus aujourd’hui presque obsolètes. Il les transforme en sculptures monumentales, usinées sur mesure en résine et en aluminium, puis peintes à la main avec une précision impressionnante. Il ne se contente pas de reproduire un objet ancien : il crée tout un univers autour de lui, en le reliant à une référence de cinéma, de musique ou de culture populaire.
Ce que j’aime particulièrement dans son travail, c’est le contraste entre la nostalgie et l’humour. Au premier regard, on reconnaît un objet qui nous rappelle immédiatement une époque. Puis, en s’approchant, on découvre une inscription détournée, un détail absurde, une fausse mention légale ou une intervention peinte à la main qui change complètement la lecture de la pièce.
Même lorsqu’une œuvre appartient à une édition limitée, chaque exemplaire conserve sa propre singularité. Les traces, les nuances, les effets d’usure, les coulures ou les taches sont réalisés à la main et ne sont jamais exactement identiques. Derrière l’apparence industrielle de l’objet, on retrouve donc toujours le geste de l’artiste.
En janvier 2026, nous avons décidé d’aller plus loin dans notre collaboration en construisant ensemble une exposition pour le salon District 13 à Paris. Arlo est venu spécialement de Londres pour accompagner le projet, rencontrer le public et soutenir l’exposition. Ce fut un très beau moment, à la fois humainement et artistiquement.
Cette présentation a confirmé à quel point son travail pouvait toucher un public très large. Certains visiteurs étaient fascinés par la qualité technique et le réalisme des œuvres. D’autres étaient immédiatement séduits par les références aux années 1980 et 1990. Et presque tous finissaient par sourire en découvrant les titres, les jeux de mots et les détails cachés dans chaque pièce.
Arlo Sinclair a développé un langage que l’on voit très rarement ailleurs. Son travail est immédiatement reconnaissable, techniquement remarquable et toujours porté par une idée forte. Derrière l’humour, il parle aussi de la vitesse avec laquelle les objets qui nous entourent deviennent obsolètes, puis se transforment en souvenirs.
Je suis très heureux d’avoir découvert son travail d’abord en tant qu’amateur, puis d’avoir pu construire avec lui une véritable collaboration. C’est exactement le type de rencontre qui me rappelle pourquoi j’ai créé la Galerie Montorgueil : acheter une première œuvre par coup de cœur, rencontrer l’artiste qui se cache derrière, puis avoir la chance de défendre son univers et de le faire découvrir à mon tour.





























